"Conférences sur les changements climatiques : quel bilan ?"

Le jeudi 13 décembre, à la veille des conclusions de la Conférence des Nations Unies sur le climat de Katowice en Pologne (COP24), le Consulat général de France à Rio de Janeiro a organisé un débat public avec plusieurs invités ayant joué un rôle clé dans la formulation de la proposition brésilienne pour l’Accord de Paris, signé il y a trois ans.

L’évènement a rassemblé une centaine de personnes : professionnels du secteur du développement durable, chercheurs, étudiants et représentants d’institutions publiques.

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Le Consul général adjoint, Jean-François Laborie, a rappelé l’importance du sujet pour la France et a fait remarquer que le lieu où était organisé l’évènement (la bibliothèque du Consulat général de France à Rio de Janeiro) est un lieu de débat depuis son inauguration dans les années 60. Cette tradition a perduré avec la rénovation de l’espace, nouvellement inauguré il y a trois ans.

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Le Conseiller pour les enjeux globaux de l’Ambassade de France au Brésil, Yannick Samson, a remercié l’ancienne Ministre de l’environnement (2010/16), Izabella Teixeira, de nous faire l’honneur de sa participation, et a rappelé combien la Ministre a joué un rôle clé dans les négociations de l’Accord de Paris, aux côtés du Ministre des Affaires Étrangères français et Président de la COP21, Laurent Fabius. Il a également remercié de leur participation à l’évènement le professeur Emilio Lèbre La Rovere, qui a coordonné l’étude technique ayant servi de base à la proposition brésilienne dans le cadre de l’Accord de Paris, et la journaliste Leila Sterenberg chargée d’animer cette table-ronde.

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La soirée a commencé par la projection d’un reportage réalisé par Leila Sterenberg et diffusé dans le cadre du programme "Cidade e Soluções", sur la chaîne d’information GloboNews, en décembre 2017. Dans ce reportage, la journaliste suit les discussions du "One Planet Summit", un sommet organisé par la France deux ans après la signature de l’Accord de Paris, réunissant de nombreux chefs d’État, experts du climat et dirigeants de la finance mondiale pour avancer sur la question des financements devant permettre d’atteindre les objectifs fixés par cet accord historique. Leila Sterenberg a pu participer au One Planet Summit et à la COP21 à Paris (deux ans plus tôt) grâce au programme d’invitation de journalistes étrangers du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères.

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La Ministre comme le Professeur Emilio Lèbre La Rovere, ont tous deux rappelé que la question du réchauffement climatique n’est pas uniquement environnementale, son impact et ses solutions se situent au croisement du champs de l’économie, du social, du politique et du géopolitique. A ce titre, la question du financement est perçue comme fondamentale par le professeur de la COPPE/UFRJ : "c’est une question structurelle essentielle pour contenir le réchauffement climatique en-deça des 2°C, voire des 1,5°C pour les plus ambitieux".

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Pour la Ministre Izabella Teixeira, il est essentiel de rappeler que l’accord de Paris ne prévoit aucune sanction pour les pays qui ne remplissent pas leurs engagements. Selon elle, la proposition brésilienne est le résultat de choix nationaux et il est irresponsable de brandir de supposées sanctions pour décrédibiliser l’accord qui a été signé : "Le Brésil a construit depuis le sommet de Rio, en 1992, son engagement sur le thème du climat et du développement durable. Nous ne pouvons pas mettre à bas une crédibilité que le pays a mis des décennies à construire". Elle rappelle par ailleurs l’importance cruciale des villes dans la démarche du développement durable : "85% de la population brésilienne vit dans des villes. Celles-ci doivent impérativement s’engager pour la protection de l’environnement et en rendre compte à leurs concitoyens".

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Interrogée par la journaliste Leila Sterenberg sur les nouveaux équilibres géopolitiques émergeant des négociations internationales sur les changements climatiques, la Ministre a constaté une multiplication des leaderships depuis la sortie des États-Unis de l’accord de Paris, estimant que la Chine, l’Inde et la France ont montré leur capacité à remplir l’espace laissé vacant par l’administration Trump. Elle s’est dit confiante sur le fait que des avancées puissent être possibles malgré la sortie d’un acteur important, de tous les points de vues, pour le futur de notre planète.

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publié le 20/12/2018

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