Discours de l’Ambassadeur de France à l’occasion des 25 ans de la Convention sur le Climat de Rio 1992

L’ambassadeur de France au Brésil, Laurent Bili, est intervenu le 13 juin à Rio de Janeiro aux côtés du ministre brésilien de l’Environnement, José Sarney Filho, et du secrétaire exécutif du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, Erik Solheim, à l’ouverture du Séminaire Rio Clima 2017 marquant le 25ème anniversaire de la Conférence Rio 92 et de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique.

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L’Ambassadeur de France au Brésil, Laurent Bili, est intervenu au cours du séminaire pour rappeler l’engagement de la France face aux défis environnementaux

La Convention sur le climat, signée en 1992 à Rio, était la première action collective et multilatérale de la communauté internationale pour faire face au défi du changement climatique. Cette Convention a été le théâtre d’autres initiatives internationales importantes, telles que l’Agenda 21, la Convention sur la Biodiversité ou encore la notion de développement durable. Vingt-cinq ans plus tard, cette Convention sur le climat est célébrée à Rio, l’occasion de faire le point sur les avancées face au défi de la transition vers une économie faible en carbone.

La conférence Rio Climat 2017 s’est tenue les 13 et 14 Juin à Rio de Janeiro, avec pour principal objectif de se pencher sur la "décarbonisation de l’économie". Plusieurs invités ont été conviés pour aborder le sujet, tel que Alfredo Sirkis le secrétaire exécutif du Forum Brésilien sur le Changement Climatique (FBMC), Laurent Bili l’Ambassadeur de France au Brésil, Erik Solheim secrétaire exécutif du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), José Sarney Filho Ministre de l’environnement et Jose Antônio Marcondes de Carvalho, Sous-secrétaire général charge de l’Environnement, de l’Energie, des Sciences et des Technologies du Ministère des Relations extérieures.

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« Peut-on changer les choses ? » C’est la question que nous a posé Alfredo Sirkis. Ce dernier estime que le monde est sur la bonne voie et appelle chacun d’entre nous à participer à ce mouvement, de n’importe quels coins du monde. Le Brésil a la responsabilité selon lui de faire de la planète un monde meilleur comme il a toujours prôné lors de la conférence de 1992.
L’Ambassadeur Marcondes de Carvalho a quant à lui appellé à penser à plus long terme et à se préoccuper des nouveaux enjeux. Selon lui, la situation géopolitique actuelle est préoccupante et le monde doit aspirer à mieux. Il estime que chacun doit s’adapter à ce monde nouveau, au défi climatique et comprendre que chacun peut avoir un impact sur notre planète. Il a ainsi salué l’ Accord de Paris et l’engagement juridique des pays signataires face à des objectifs chiffrés, nécessaires et indispensables mais également compatibles avec notre économie.

L’importance de cette célébration de la conférence Rio Climat est donc de montrer que le climat est une préoccupation constante afin de façonner l’avenir ensemble et d’engager des changements décisifs pour notre environnement a tous.

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Pour Erik Solheim secrétaire exécutif du PNUE, le Brésil est un pays en grand développement et un grand exemple contre la pauvreté. En effet, le Brésil avec ses programmes Mundo Sem Pobreza et Bolsa Familia a réduit la pauvreté de moitié, de 9.7% à 4.3% de la population. Depuis 1992, le Brésil a contribué au développement durable sans que cela ne porte préjudice à sa croissance économique, au contraire. Malgré une situation mondiale difficile de nos jours, il estime que le monde doit être confiant et suivre un modèle écologique comme le Brésil en a fait les efforts. L’Amazonie doit être préservée, un des grands objectifs environnementaux du Brésil, la très riche biodiversité de la forêt amazonienne étant l’une des caractéristiques essentielles de notre écosystème. L’Amazonie aussi connue comme « poumons de la planète » est une réserve biologique pour l’humanité et la protéger au maximum doit rester au centre des débats écologiques.

De plus, Erik Solheim souhaite que l’on retienne de cette conférence que « si nous travaillons ensemble et que nous combinons nos efforts, nous pouvons tout faire ! ». Le Brésil doit en faire partie, comme tous les autres pays y compris les Etats-Unis et la Chine, car nous avons besoin de travailler ensemble pour réussir à être performant, efficace et prospère.

Ainsi comme le souligne également l’Ambassadeur de France au Brésil, Laurent Bili, le monde doit se rassembler pour « Make our planet great again » slogan que le président français, Emmanuel Macron, prône auprès de la communauté internationale. Dans son discours, l’Ambassadeur a rappelé que la France n’a cessé d’être à la pointe du traitement global des grands défis environnementaux et invite alors toute la société civile à se mobiliser et à rejoindre la France pour mener la lutte contre le réchauffement climatique. (Son discours à l’ouverture du Séminaire Rio Clima 2017 se trouve plus bas en intégralité)

JPEGL’Ambassadeur de France, Laurent Bili, répondant aux questions d’une journaliste à l’occasion de la conférence Rio Climat 2017

Selon Erik Solheim, le secteur privé est la clé de la réussite. Les investisseurs peuvent contribuer profusément à un monde durablement meilleur. Apple, Amazon, Microsoft qui sont les plus grosses entreprises veulent elles aussi prendre position pour l’environnement et désapprouve la décision de leur président Donald Trump.

Jose Sarney Filho, Ministre de l’environnement brésilien se félicite de l’organisation de cette grande conférence Rio Climat et estime que « créativité et mobilisation » sont les solutions pour convaincre les citoyens du monde à oeuvrer pour un monde meilleur.

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Discours de l’Ambassadeur de France au Brésil à l’ouverture du Séminaire Rio Clima 2017

Ce discours a été prononcé par l’Ambassadeur de France au Brésil, le 13 juin à Rio de Janeiro, à l’ouverture du Séminaire Rio Clima 2017, marquant le 25ème anniversaire de la Conférence Rio 92 et de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique.

« Monsieur le Ministre de l’Environnement, José Sarney Filho,
Monsieur le Secrétaire exécutif du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, Erik Solheim,
Madame la Secrétaire chargée de l’Economie de la Mairie de Rio de Janeiro, Maria Eduarda Berto,
Monsieur le Président de la Fédération des Industries de l’Etat de Rio de Janeiro, Eduardo Eugênio Gouveia Vieira,
Monsieur le Sous-secrétaire général charge de l’Environnement, de l’Energie, des Sciences et des Technologies du Ministère des Relations extérieures, José Antônio Marcondes de Carvalho,
Monsieur le Secrétaire exécutif du Forum brésilien sur les changements climatiques, Alfredo Sirkis,
Mesdames et Messieurs,

C’est à la fois un honneur et un plaisir d’être parmi vous pour cette cérémonie célébrant le vingt-cinquième anniversaire de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique et de la Conférence Rio 92.

1. Cette conférence, plus connue sous le nom de « Sommet de la Terre », a marqué un tournant dans la prise en compte des enjeux environnementaux au niveau international. Trois conventions majeures dans ce domaine y ont en effet été signées : la Convention sur la diversité biologique, la Convention sur la lutte contre la désertification, mais surtout la Convention-cadre sur les changements climatiques.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, vingt ans après en 2012, la « Cidade Maravilhosa » a accueilli la Conférence des Nations Unies sur le développement durable ou « Rio+20 », réunion où a notamment été lancé le processus de définition des objectifs de développement durable universels, qui ont ensuite été endossés aux Nations Unies à New York en septembre 2015 dans le cadre de « l’Agenda 2030 ».

2. Depuis la première Conférence des Nations Unies sur l’environnement humain à Stockholm en 1972, la France n’a cessé d’être à la pointe du traitement global des grands défis environnementaux qui se posent à l’humanité et elle continuera à l’avenir d’assumer les responsabilités qui sont les siennes.

La France s’est placée à l’avant-garde de la lutte contre le changement climatique, en accueillant notamment comme vous le savez la 21ème conférence des parties à la Convention-climat en décembre 2015. C’est à cette occasion que la communauté internationale a adopté l’Accord de Paris, réponse multilatérale inédite pour affronter le défi commun du dérèglement climatique. Le Brésil y a joué un rôle crucial et je souhaite le saluer à nouveau.

3. A la suite de l’entrée en vigueur de l’Accord en novembre dernier, le travail d’élaboration de ses règles d’application est désormais lancé et tous les efforts doivent être déployés pour qu’il soit conclu au plus tard en 2018 à la COP 24.

Il ne vous aura toutefois pas échappé qu’il y a une dizaine de jours, le président du deuxième plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre a annoncé que son pays se retirerait de l’Accord de Paris. Cette décision ne peut pas être notifiée au secrétariat exécutif de la Convention avant le 4 novembre 2019 et le retrait ne pourra être effectif que le 4 novembre 2020, soit le lendemain des prochaines élections américaines.

Le Président Emmanuel Macron s’est exprimé le soir même pour regretter cette décision, considérant qu’il s’agit d’une erreur pour les intérêts des Etats-Unis et du peuple américain et d’une faute pour l’avenir de notre planète. L’origine anthropique du changement climatique est un consensus pour toute la communauté scientifique et ses effets sont observables tant dans les pays en développement que dans les pays développés.

Je veux le souligner devant vous : cette décision, qui va à l’encontre de l’Histoire, ne marque pas la fin de l’Accord de Paris et celui-ci ne peut en aucun cas être renégocié. La transition des économies vers un modèle sobre en carbone est en cours et elle est irréversible, avec ou sans le gouvernement fédéral des Etats-Unis. Non seulement elle est vitale pour la survie de l’humanité mais elle présente également des opportunités pour assurer le développement durable de nos économies.

Il est donc crucial que tous les pays expriment clairement leur volonté d’honorer leurs engagements de Paris. Je souhaite saluer ici les autorités brésiliennes, qui ont réitéré, moins d’une heure après l’annonce du Président Trump, leur attachement à l’Accord de Paris et souligné combien la protection de l’environnement était compatible avec la croissance économique.

4. Enfin, vous avez sans doute entendu l’appel lancé par le Président Emmanuel Macron aux chercheurs et aux enseignants, aux entrepreneurs, aux associations et aux ONG, aux étudiants et à toute la société civile à se mobiliser et à rejoindre la France pour mener la lutte contre le réchauffement climatique.

Jeudi dernier, cet appel s’est concrétisé par le lancement de la plateforme internet « Make Our Planet Great Again ». Je vous invite à visiter ce site Internet qui vise à faciliter la mobilisation pour la protection de notre planète de celles et de ceux qui souhaitent s’investir dans des projets, poursuivre des recherches, entreprendre, rechercher des financements ou s’installer en France.

Je vous souhaite un bon séminaire sur les « nouveaux chemins pour la décarbonation de l’économie » et en profite pour saluer la présence de deux compatriotes venus contribuer aux travaux : M. Vincent Aussilloux, chef du département Economie-Finances de France Stratégie, et M. Jean-Charles Hourcade, chercheur au Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement.

Je vous remercie de votre attention./. »

publié le 30/06/2017

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