INSCRIRE, Debret sous le trait des écoliers et des graffeurs cariocas

Le 09 mars dernier, le Maire Marcelo Crivella, l’Ambassadeur de France Laurent Bili et le Consul général Brice Roquefeuil ont inauguré le Projet INSCRIRE dans la zone portuaire de Rio, une relecture de l’œuvre de Debret par des élèves des écoles municipales et des grapheurs cariocas. L’art mural sur des carrelages peints et des graffitis qui racontent l’histoire de l’esclavage est un projet de l’artiste plasticienne belge Françoise Schein, coordonné par le producteur Philippe Nothomb.

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Le Consulat général de France à Rio de Janeiro a offert un billet d’avion au graffeur sélectionné par un jury composé par des critiques d’art. Le prix a été remporté par l’artiste Lya Alves, de Niteroi : félicitations, Lya !
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[(Discours de M. Laurent Bili, Ambassadeur de France au Brésil :

Chers amis,

C’est pour moi un grand plaisir de participer à cette inauguration tout à fait particulière. Ce n’est en effet pas si fréquent d’inaugurer un mur de graffitis.
Et quel beau mur !
Le plaisir, c’est aussi de me plonger une fois de plus dans les oeuvres, souvent méconnues en France, de Jean-Baptiste Debret.
Arrivé à Rio de Janeiro en 1816, avec ce qu’il est convenu d’appeler « la mission artistique française », Debret va développer un prodigieux travail de recherche, d’observation, de documentation, pour au final produire une œuvre inégalable, entre récit de voyage et recherche scientifique, mélange d’art, de sociologie, d’histoire.
Plusieurs fois, cette année, j’ai pu participer à des événements célébrant les 200 ans de la mission artistique française. Certains événements ont été très prestigieux, et ils ont même intéressé au plus haut point notre Président de la République, François Hollande, qui a pu admirer, en août dernier, des œuvres issues de cette mission lors de sa visite au Musée des Beaux-Arts de Rio, puis de nouveau, en octobre à Paris, à la Maison de l’Amérique latine où ont été exposées pendant 3 mois des œuvres de Debret.
Je suis sûr qu’il aurait été très impressionné par le magnifique travail réalisé ici.
Ce qui frappe aujourd’hui, dans cette relecture, c’est de voir à quel point l’œuvre de Debret n’appartient pas au passé, mais qu’elle est bel et bien actuelle, et vivante.
Le choix de cet emplacement, sur le mur de l’Armazem Utopia, est particulièrement symbolique. Nous sommes à deux pas du Cais de Valongo, lieu d’arrivée des esclaves à Rio, et où Debret à beaucoup dessiné. Et nous sommes en plein milieu du Boulevard Olimpico, symbole de l’avenir de Rio de Janeiro, de sa modernité et de son ouverture sur le monde.
Jean-Baptiste Debret ne se doutait certainement pas que ses travaux trouveraient une telle traduction. Mais il serait honoré. D’être ainsi un trait d’union, entre le passé et le futur, entre Rio et le monde.
Quel bel hommage de nouveau, à Jean-Baptiste Debret, qui avait été fait citoyen d’honneur de Rio, il y a deux ans.
Et quel bel hommage à la mission artistique française, venue ici il y a deux siècles créer une académie des beaux-arts, mais dont le travail s’est finalement révélé beaucoup plus fécond, en libérant des énergies, des inspirations, qui en 2017, on le voit derrière moi, sont toujours aussi vivaces.
Un grand merci à tous ceux qui ont rendu ce projet possible.
Les équipes d’Inscrire, l’artiste Françoise Schein, et les chevilles ouvrières, Philippe Nothomb, et Ana Ignacio, en particulier.
Tous les partenaires du projet, ainsi bien entendu que les graffeurs à qui je dis merci, et bravo !

Lire aussi : Debret revisité par les écoliers et les graffeurs

publié le 03/04/2017

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